Kumari : la déesse vivante

La Kumari est une jeune fille assez « incroyable ». Je n’avais jamais entendu parlé de son existence avant mon premier passage au Népal en Octobre 2012. Ce n’est que lors de mon deuxième périple au Népal, en Novembre 2014, que j’ai pu la voir….mais est-ce vraiment un privilège?

Le Népal compte une infinité de dieux, déesses, divinités, bouddhas, etc. adorés et vénérés sous forme de statues, images, peintures, symboles…Mais il possède également une déesse vivante !!! Elle se nomme la Kumari Devi.

La Kumari Devi est une fillette prépubère qui répond à plusieurs critères et a certaines obligations en tant que Kumari.

L’origine est floue…elle daterait du XVIIème-XVIIIème siècle, sous Jaya Prakash Malla, le dernier roi de Kathmandu.

Plusieurs légendes existent :

  • L’une raconte que l’un des souverains Malla aurait eu une relation avec une enfant prépubère et en serait mort. En pénitence, il vénérera une fillette comme une déesse vivante.
  • Une autre légende raconte qu’un roi Malla jouait régulièrement aux dés avec la déesse Taleju, divinité tutélaire de la vallée. Il lui fit un jour des avances inconvenantes et elle le menaça de lui retirer sa protection. Mais elle se laissa attendrir et s’engagea à revenir sous la forme d’une petite fille.
  • Une dernière légende parle d’une fillette possédée par la déesse Durga et bannie du royaume. La reine, furieuse, ordonne alors à son mari de la ramener et de la considérer comme une véritable divinité.

La Kumari est durement sélectionnée. Elle doit faire partie de la caste des orfèvres Newar. Elle doit avoir entre 4ans et l’âge de la puberté et présenter 32 signes distinctifs très précis : de la couleur des yeux à la forme des dents, au son de la voix… Toutes les fillettes répondant à ces critères sont rassemblés dans une pièce obscure où sont disposées 108 têtes de buffles sanguinolentes et où des hommes, affublés de masques horribles viennent danser sur des sons terrifiants.  Cette mise en scène ne pouvant effrayer une telle déesse, la fillette qui garde son sang-froid est alors sélectionnée pour être la nouvelle Kumari.  Elle le restera jusque ses premières règles ou toute perte de sang.

La Kumari s’installe alors à Kumari Bahal, un palais de Durbar Square à Kathandu, avec sa famille, où elle vit complètement recluse. Elle  ne sort que pour les cérémonies annuelles.

Ces jeunes filles doivent respecter différentes traditions en rapport avec leur statut. Elles ne doivent pas marcher sur le sol, considéré comme impur, ne doivent s’habiller que de rouge, symbole des déesses, et porter toujours une parure constituée du collier du cobra (symbole) et d’un trait a khol noir, qui selon la tradition éloignerait les démons. Le moindre de leurs gestes est observé et analysé, de ce fait, elles ne montrent que très rarement leurs émotions. Un sourire, ou des pleurs sont considérés comme de mauvais présages.

Kumari

Une fois les premières règles arrivées, on change de Kumari. Ce retour est généralement extrêmement difficile pour les Kumaris, puisqu’elles ont été adorées et servies pendant des années. La plupart n’ont jamais mis de chaussures, leurs pieds ne devant pas fouler le sol impur.

Jusqu’à il y a quelques années, elles n’allaient pas à l’école. Depuis peu, grâce à l’action de différentes associations pour les droits de l’homme, elles bénéficient d’une éducation lors de leur « règne » afin d’avoir des diplômes et de pouvoir accéder à une meilleure vie.

L’État leur verse une allocation de l’ordre de 14 000 euros (soit 140 années de salaire moyen népalais) pour « service rendu à l’état ».

Néanmoins, elles trouvent rarement un compagnon puisqu’une légende raconte que se marier avec une kumari entrainerait la mort dans l’année qui suit.

Comme, moi, vous pouvez aller la voir à Durbar Square. Elle fait quelques sorties quotidiennes pour le public. Biensûr, pas le droit de prendre de photo et elle ne vous fera pas un joli sourire. De mon côté, c’était un pur hasard d’être là quand elle a fait son apparition. Je trouve que cette pratique fait réellement trop « bête de foire ».

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Une réflexion au sujet de “Kumari : la déesse vivante

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