Islande à vélo – premiers coups de pédales de Keflavik au Landmannalaugar

Arrivée au pays des Vikings

A peine 3h30 de vol pour arriver sur la terre des Vikings. On nous dépose sur le tarmac d’où on aperçoit le déchargement de nos sacoches de vélos: c’est bon, Jean-phi est rassuré!

On se dégote un grand taxi qui nous emmène 10km plus loin chez Yngvi (essayez de le prononcer…nous on a essayé sans grand succès. De là, nous avons compris que nous n’étions pas fait pour cette langue) où nous allons déposer nos sacoches et surtout monter nos vélos. Le taxi se paume un peu dans une zone industrielle un peu glauque: « vous êtes sûrs que c’est là? »….euh ben oui….Il appelle Yngvi parce que bon, on a quand même l’impression qu’il ne peut pas y avoir une habitation dans cette zone…et si! Une petite maison an taule, au milieu de nulle part. Nous sommes arrivés.

Nous n’y aurions pas dormi sincèrement, mais il faut avouer que Yngvi est très sympa. 1h plus tard, vélos montés, chargés, sacoches déposés…on est parti.

Arrrivée et premiers coups de pédale

 

Premiers coups de pédale

Les premiers coups de pédales sont un vrai bonheur, nous avons presque envie de crier de joie! ça y est, on y est!!!  Nous vivons cette drôle de sensation de se sentir libéré de tout…parti pour 3 semaines avec rien d’autre que nos vélos et nos quelques provisions dans un environnement que nous ne connaissons absolument pas. That’s happiness.

Bon, 2km plus loin on s’arrête, chi va piano va sano! On doit surtout acheter du gaz pour notre réchaud et puis…il est l’heure de déjeuner en fait ;-). Pour finir, nous ne trouvons pas les bouteilles de gaz recherchées. C’est le comble, on avait lu qu’il fallait plutôt un réchaud Primus que Campingaz car en Islande, on ne trouvait pas facilement de bouteilles de gaz bleues….Et il se trouve que nous ne trouvons en fait QUE des campingaz ;).

Et puis s’ensuivent les km. On sort très vite de la zone « commerciale » pour se retrouver au milieu d’un immense champ de lave. On a presque le vent dans le dos en direction du sud de la péninsule: tout va bien! On savoure ces premiers coups de pédale.

On arrive de l’autre côté de la péninsule, on passe la faille qui marque la limite entre la plaque américaine et eurasienne et on se dirige tout feu tout flamme vers Grindavik, la destination initiale du jour. Il est à peine 15h30-16h quand on y arrive mais on s’y prend la première saucée de notre séjour (et sans doute pas la dernière!). Elle est corsée et nous amène à nous réfugier dans la première station-service que l’on croise.

Déjà arrivés à destination pour la journée par rapport à ce que nous avons planifié, nous sommes en fait frustrés d’avoir si « peu » roulé. Ayant eu de la chance avec le vent pour le coup, on a été vite et on n’a pas envie que la journée de roulage s’arrête si vite. Du coup, on décide de continuer…jusqu’où le vent nous portera.

Mais bon, pour continuer, à un moment, malgré la pluie, il va falloir se remettre en route. On se décide une fois que le gros de l’averse semble passé. On trouve enfin des bouteilles de gaz Primus (mais on se chargera bien de préciser dans nos infos pratiques que les campingaz se trouvent très bien 😉 ). On croise des gamins en train de jouer au foot avec leur prof de sport en t-shirt….Ok…relativisons. La pluie pour eux, ce n’est rien. La notion de « mauvais temps » semble bien relative.

On pédale, on pédale, on pédale….C’est la phrase qu’on va pouvoir beaucoup écrire et réécrire pour relater notre trip en Islande ;-). En l’occurrence, cette dernière partie de journée est un peu plus dure avec plus de relief que ce que nous avons eu jusqu’à présent. On est heureux.

Pour finir, on ne s’arrêtera que vers 20h, dans un camping à la ferme gratuit, dans le village de Strandakirkja. Le lieu est cool. En même temps, on trouve ça forcément cool puisque c’est notre premier bivouac ;-). A 23h, le soleil commence à se coucher tout doucement…Mais en fait, il ne fera jamais noir. Les nuits sont claires…C’est ça l’Islande!

Islande à vélo 1ère journée

Islande à vélo Islande à vélo

Islande à vélo Islande à vélo

 

2ème journée: direction le Nord

La route du lendemain matin vers Selfoss sera beaucoup moins fun d’un coup. Nous avons le vent de face, ce fameux vent donc on nous a tant parlé! L’avancée est vraiment très très dure, surtout que la route 34 qui y mène n’est pas la plus sexy. On se récompense avec un gros burger et des frites dès notre arrivée à Selfoss :-). On fait le plein d’eau ET de snickers (surtout!) avant de remonter sur nos montures.

Avant de rejoindre la route 30 qui nous mène vers le Nord, on doit emprunter un bout de la Route n°1. C’est la route principale et, on peut dire, quasiment unique de l’Islande. C’est en tout cas l’unique route asphaltée qui fait le tour de l’île. Cette partie est terrible. La circulation est extrêmement dense et nous avons le vent de côté. A chaque fois qu’un camion nous croise ou nous double, ça fait une énorme aspiration d’air qui nous fait vaciller sur nos vélos. On serre nos guidons pour rester en place…C’est éreintant!

C’est une libération d’arriver enfin à la route 30, bien que nous retrouvions le vent de face…On avance tranquillement.

On s’arrête vers 18h au camping de Hofsheioi mais il ne nous plaît pas : complètement impersonnel, rempli de camping-car…On mange une barre de céréales et on décide de finalement se remettre en route. On s’arrêtera 20km plus loin à un autre « camping », plus petit où on trouvera un petit coin abrité du vent pour planter notre tente. La journée aura été éprouvante, on s’endort vite!

Islande à vélo 2ème jour

 

3ème journée: en route vers le Landmannalaugar, découverte de la magnifique Haifoss

Le vent n’a pas faibli le lendemain, et surtout, il n’a pas changé de direction :-(. On se dirige toujours vers le Nord, et on l’a toujours de face…La route 32 nous semble interminable, la matinée sera la plus longue de notre vie! On traverse, sans discontinuer, un immense espace totalement lunaire. Seule la petite cascade de Hjarlparfoss marquera une petite différence dans cette longue matinée monotone. Mais après la cascade, c’est une petite ascension, puis une descente où malgré la pente et nos coups de pédales constants, nous ne dépasserons pas les 9km/h! Et s’ensuite la ligne droite la plus longue de notre vie. Nous apercevons le refuge où nous souhaitons nous arrêter pour nous restaurer….il ne nous paraît pas si loin et pourtant…C’est péniblement, très péniblement que nous y arriverons! Il doit être dans les 13-14h.

On se gave de chips, de coca et de snickers achetés sur place et on repart pour un A/R à la cascade d’Haifoss. L’ascension est rude! C’est une montée très raide et cassante. Avec les vélos chargés, ça ne nous facilite pas la tâche mais au moins, ça change un peu des lignes droites.

Nous sommes surtout largement récompensés par la beauté du lieu! C’est exceptionnel! Ce qu’on a vu de plus beau jusqu’ici.

La descente est beaucoup plus ludique :-).

On ne s’arrête pas au refuge en repassant, on trace notre chemin. Et c’est reparti sur notre ligne droite! 😉 Heureusement, la route bifurque légèrement vers l’est lorsqu’on rejoint la F26, ce qui nous permet de ne plus avoir le vent directement de front.

On se sent seuls au monde quand même! Et encore plus lorsqu’on croise ce panneau…

Islande à vélo

Oui, c’est bon, on a fait nos provisions, ouf!

On s’arrête à l’hôtel de Hrauneyjar, leur chauffage et leur burger sont une libération! On profite d’une bonne bière en regardant le match de foot Italie-Allemagne…Il est 21h30…dur de repartir de cette chaleur salvatrice! Mais il nous faut nous remettre en route pour trouver un lieu de bivouac pour la nuit. Heureusement, seuls quelques petits km plus loin, on trouve le lieu idéal, une petite plage de sable noir au bord du lac Hrauneyjalon, isolés de la route mais pas des mouches. C’est fatigués, mais repus et  heureux que l’on se couche.

Islande à vélo -3ème jour 1

Islande à vélo -3ème jour 2

Islande à vélo -3ème jour 3

 

4ème jour: le Landmannalaugar !

On met un peu de temps à se mettre en route le lendemain. D’abord, on remballe tout, on rejoint tant bien que mal la route (car pour atteindre cette petite plage, le parcours est semé d’embûches) et arrivés sur la route, on se rend compte qu’on a perdu nos précieux snickers stockés à l’avant de nos sacoches de guidon! Grand damne! Il nous faut les retrouver coûte que coûte! Jean-phi s’y attelle, parce que quand on parle de bouffe, il ne rigole jamais! Pendant ce temps, trouvant la route et les alentours magnifiques, je prépare une petite séance film: installation du pied d’appareil photo pour nous filmer en train de rouler…Du coup, au retour de Jean-phi (avec les snickers, ouf! La journée est sauvée!) on se prend pour des stars à passer et repasser devant l’appareil…C’est que ça prend du temps ces petites séquences, il faut forcément toujours revenir chercher l’appareil ;-). Nous ne sommes pas encore équipés d’un drone superpuissant!

Enfin on se met en route. Mais no stress, la journée s’annonce exceptionnelle: dès la route 208 atteinte, on se dirige plein sud et nous avons donc le vent dans le dos! :-)

On fête ça en s’offrant une nouvelle séance vidéo! :-)

La suite de la journée n’est quand même pas de tout repos. Si nous avons le vent dans le dos, la piste, quant à elle, est très cassante: beaucoup de pierres roulantes, beaucoup de petites montées tape cul, beaucoup de poussières quand nous croisons des 4×4…Mais nous adorons!!! Heureux d’avoir les VTT pour cette partie, on en profite pleinement. Les paysages commencent à changer et à nous offrir de belles surprises.

Islande à vélo Islande à vélo

Il est à peine 12h passé lorsqu’on arrive à proximité du Landmannalaugar. On décide donc d’aller directement voir le Ljotipollur (affreuse marre) : un incroyable cratère rouge rempli d’une eau d’un bleu éclatant, avec nos vélos puisqu’on y passe presque. On s’offre donc quelques moments de ride autour du cratère, vidéos à l’appui. On se régale.

Une belle dernière montée plus loin et la vue sur le landmannalaugar s’offre à nous! C’est beau!!!

Islande à vélo -4ème jour

On descend tout feu tout flamme de l’autre côté. Seul un petit panneau va venir perturber la perfection de cette journée: la suite de la piste 208, que nous avons prévu d’emprunter 2 jours plus tard est …fermée! Mince. Ça, ça va largement perturber nos plans mais nous n’allons pas nous y attarder de suite, nous y reviendrons car c’est un épisode à part entière.

Encore quelques coups de pédales et nous voilà au Landmanalaugar. Le camping ressemble à un camp arctique. C’est un endroit surréaliste.

Islande à vélo -4ème jour -Landmannalaugar

On doit être au milieu de l’après-midi. On s’installe pour se faire à manger, on paye le camping, on se renseigne sur les possibilités de repartir autrement que par la F208 (mais nous y reviendrons ;-)), on installe notre campement et on profite des sources chaudes! :-) C’est un des bonheurs en Islande, il faut bien profiter de la géothermie! Elles ne sont pas exceptionnelles mais il fait bon se prélasser dans de l’eau chaude avec 4 français rencontrés (dans l’eau 😉 ).

On prend une douche (!!!) juste à temps, avant qu’ils n’envahissent les sanitaires pour installer un grand drap destiné à diffuser le match France-Islande du soir et à 20h, on décide de partir pour une petite rando pour grimper le Bláhnúkur (environ 1000m) ;-).

Avant ça, nous avons beaucoup réfléchis sur la suite. Ça y est, on y revient.

Si on ne peut pas repartir par la F208 direction le Sud, les autres alternatives par la « route » sont loin d’être alléchantes. Voici un plan pour vous donner une idée…

Landmanalaugar. différentes alternatives

L’alternative 3 nous fait quasiment faire un demi-tour vraiment pas intéressant, surtout que cela nous fait prendre ensuite plus de 150 km sur la route n°1 et sur une partie très très fréquentée….No way !

Les alternatives 1 et 2 sont toutes 2 bancales:

– Alternative 1: la route est fermée. Mais pourquoi? Parce que la fonte des neiges est encore en cours, ils n’ont donc pas stabilisé les guets. Ok, en 4×4 c’est fermé mais est-ce que à vélo on peut passer. Question au centre d’info du Landmannalaugar: « combien de guets à passer à votre avis? » On s’attendait à ce qu’il nous dise 5-10… »Ben , on ne sait pas trop justement. L’année dernière, il ya en avait 27! » Ah, ok! Bon, on va réfléchir…

– Alternative 2: faire le trek très connus Landmannalaugar – Porsmork mais à VTT…chargés! A VTT, on ne se posait pas trop la question…chargés, c’est une autre histoire. Dure de lever l’arrière du vélo de Jean-phi avec les sacoches.

Et puis on nous dit que sur les 52km de trek, au moins 11km sont à faire…dans la neige! Ok ok ok. On va réfléchir…

Ensuite, une fois à Prosmork, il faudra trouver un bus car pour rejoindre la route n°1, impossible à vélo ou même à 4×4, c’est un bus amphibie qui fait le trajet. Puis à nouveau 125km sur la route n°1 quand même…Mais il paraît que le trek est magnifique ;-).
On avait prévu 2 jours de trek dans le coin et une journée pour rejoindre la route circulaire par la F208. On a donc 3 jours devant nous + 1 journée de rab qu’on s’était laissé « au cas où ». 52km en 3 jours….même si on galère….pourquoi pas. Après maintes réflexions, on opte pour cette option. On se munit donc de la carte du trek et en attendant, on part randonner dans les alentours.

Mais on y reviendra….;-)

La balade est SUPERBE! On monte par un chemin très aérien (en même temps, la descente ne le sera pas moins) et la vue du haut est splendide. On vous laisse juger…

Islande à vélo Islande à vélo

DSC00946

On ne redescend pas vraiment par le bon côté, ce qui nous rallonge d’une bonne heure la balade. On doit traverser un réel champ de lave. Entre rando et escalade : on ne sait plus bien. On contourne, grimpe, enjambe des amas de lave…C’est vraiment très beau. Retour vers 22h30 au campement: on se regarde et on pense la même chose. Si demain, la rando traverse un tel champ de lave, avec les vélos chargés, ça ne va pas, mais alors pas le faire du tout !

Voilà…on y revient à nouveau…L’alternative 2 est-elle vraiment la meilleure option? On ne pourra jamais passer de tels obstacles avec nos sacoches. On va vivre l’enfer si c’est le cas. Revirement de situation, on se décide pour l’alternative 1. On empruntera la route fermée dès le lendemain. En cas de problème, si on doit rebrousser chemin, on aura la marge des 2 jours de trek que l’on zappe ici pour se retourner. On s’endort pas très serein, mais on se sent toujours aussi bien !

Et pendant ce temps…l’Islande s’est pris une belle branlée face à la France ;-), fairplay ! Car les seules choses que l’on entendra après de la part des Islandais, c’est qu’ils sont fiers d’avoir pu jouer face à de telles équipes!

To be continued…

 

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